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Mériol LEHMANN, Québec ILONA | Photographie

Mériol LEHMANN, Québec

ILONA | Photographie

Vernissage le vendredi 29 septembre dès 17 h
Exposition jusqu’au 3 novembre 2017

Ce n’est un secret pour personne que l’Occident vit maintenant dans une période post-industrielle. La mondialisation nous offre dorénavant des cornichons de l’Inde, des vêtements provenant de Thaïlande, et des téléphones fabriqués en Chine. Ici, en Amérique du Nord, nous consommons plus que jamais, ravis de ces prix abordables, sans réfléchir aux conséquences de cette nouvelle organisation transnationale. Dans certaines régions, comme le fameux Rust Belt américain ou le nord-est de la France, la désindustrialisation est surtout synonyme de pertes d’emplois par milliers, et d’un climat social qui, dans ces milieux traditionnellement syndicalistes et donc de gauche, favorise maintenant la montée de l’extrême-droite comme nous avons pu le constater lors des dernières élections. La main d’œuvre asiatique, réputée bon marché, et les accords de libre-échange sont souvent les premiers accusés.

 

Il ne faudrait cependant pas oublier que c’est le transport maritime qui a surtout rendu tout cela possible, par deux systèmes mis en place après la Deuxième Guerre mondiale : les pavillons de complaisance et le système de transport standardisé par conteneurs. En réduisant drastiquement les coûts de transport, ces deux systèmes ont conjointement permis que nous puissions dorénavant payer 6,95 $ pour un t-shirt chez H&M ou 1 $ pour n’importe quel accessoire chez Dollarama, puisque plus de 95 % du commerce mondial transite par la marine marchande.

Crédit photo : Mériol Lehmann

Par des mesures fiscales souples et un minimum de contraintes en ce qui concerne la sécurité des navires et le droit du travail, les pays offrant les pavillons de complaisance (dont le Panama, le Libéria et les Îles Marshall) exercent un puissant attrait chez les armateurs, 71 % du tonnage total de la marine marchande en 2015 étant immatriculée dans un de ces pays.

 

En ce qui concerne l’utilisation du conteneur standardisé pour le cargo, il permet notamment de réduire et d’ultramécaniser la manutention, diminuant ainsi de façon significative les temps d’arrêt aux ports pour le chargement et le déchargement. Il simplifie aussi l’ensemble du transit, de l’usine jusqu’au distributeur.

 

 

Réflexion directe sur la marine marchande, « ILONA » cherche surtout à nous amener à nous questionner sur les conséquences de ces systèmes mis en place et exacerbés par près de quarante années de néolibéralisme. Comment, comme simples consommateurs, pouvons-nous avoir une incidence sur ce qui menace plus que jamais le tissu social de nos communautés? « Réfléchir globalement, agir localement » : cette formule employée par René Dubos lors du premier sommet sur l’environnement en 1972 résume bien toute l’inspiration derrière ce projet.

 

 

 

BIOGRAPHIE

 

Né en Suisse, mais vivant au Québec depuis plus de 30 ans, Mériol Lehmann est un artiste œuvrant principalement en photographie et en art sonore. Son travail a été présenté dans de multiples centres d’artistes, festivals, et autres lieux de diffusion, tant au Canada qu’en Europe et au Japon, que ce soit sous forme d’expositions, d’installations ou de performances. Dans sa pratique, il s’intéresse particulièrement à une approche systémique du territoire. Il est aussi enseignant, concepteur sonore, ainsi que consultant en art et culture numérique. Après avoir assumé durant de nombreuses années la direction générale d’Avatar, un centre d’artistes autogéré dédié à l’art audio et électronique, il vient de terminer une maîtrise en arts à l’Université Laval.

Vaste et Vague - LA CONCORDANCE DES TEMPS - Automne

L’AUTOMNE | OUVERTURE SUR LE MONDE

Anjuna LANGEVIN, commissaire

 

L’OUVERTURE SUR LE MONDE s’initie, se vit puis déploie ses possibles. L’histoire de Carleton-sur-Mer est bordée de navires en partance. Cargos, barques à voile, canots d’écorce ou bateaux de pêche, ils sont symboles d’exil et d’envahisseurs, mais surtout d’espoir d’une vie meilleure, de prospérité et d’abondance. Les gens d’ici portent en eux-mêmes cette quête de l’ailleurs, le rêve de prendre le large. L’ouverture sur le monde leur a été nécessaire, salutaire. Elle se révèle dans un sens de l’accueil englobant, dans une curiosité pour la différence qui alimente la joie de vivre et invite aux rencontres.

 

L’automne de Carleton-sur-Mer est une saison de migration. Déménager la cuisine d’été, rentrer le bois pour l’hiver, fermer les auberges. Dire adieu à ces étrangers de passage, à ces gens qu’on avait adoptés, le temps d’un été. Alors que résonne la sirène du dernier navire en partance, la ville se replie lentement pour l’hiver.

 

Dans cette CONCORDANCE DES TEMPS où les saisons s’alignent aux traces de l’histoire, L’OUVERTURE SUR LE MONDE invite cinq artistes membres ou originaires de la région à visiter les résonances maritimes et migratoires de Carleton-sur-Mer.

L’OUVERTURE SUR LE MONDE fait partie de la programmation spéciale  LA CONCORDANCE DES TEMPS qui s’inscrit dans les célébrations du 250e anniversaire de Carleton-sur-Mer par  « la tenue d’activités festives, inclusives, rassembleuses et novatrices qui témoignent de sa culture, de son identité et de son savoir-faire, tout en léguant un héritage significatif aux générations actuelles et futures. Le festif s’exprime dans les couleurs, la lumière, le dynamisme qu’il faut apporter à la programmation. Le festif doit s’exprimer chaque saison […] »[1]

[1] Vision des Célébrations du 250e de Carleton-sur-Mer

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