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Isabelle HAYEUR, Rawdon LE CAMP DE LA RIVIÈRE | Photographie | Centre d'artistes Vaste et Vague

Isabelle HAYEUR, Rawdon
LE CAMP DE LA RIVIÈRE | Photographie
Vernissage le vendredi 31 août, dès 17 h
Exposition jusqu’au 29 septembre 2018

Le récent travail d’Isabelle Hayeur porte sur la résistance citoyenne. L’artiste s’intéresse plus spécialement aux groupes de citoyens qui revendiquent une meilleure protection des paysages et de l’environnement.

 

Cette approche artistique engagée examine la façon dont nous habitons et gérons le territoire. Le camp de la rivière est situé à 20 km de Gaspé, près du forage Galt 4 de la compagnie pétrolière Junex, sur le territoire Mi’gmaq de Gespe’gawa’gi. Ce mouvement autonome de réoccupation du territoire a été mis en place pour demander l’arrêt immédiat des travaux de forage en Gaspésie, puis il s’est maintenu en place pour renseigner la population sur les risques environnementaux, sociaux et culturels de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures.

 

Au Canada comme aux États-Unis, les lois favorables à l’extractivisme et le refus des gouvernements de soumettre les forages à des consultations publiques, malgré les demandes répétées des citoyens, ont poussé certains activistes à s’organiser pour augmenter les moyens de pression. Nos territoires sont attaqués de toutes parts aujourd’hui, et ce, au mépris des habitants. L’exploration et l’exploitation des énergies fossiles a un impact sur les cours d’eau, sur les nappes phréatiques et sur les terres agricoles. Les conséquences du développement de cette industrie sur l’environnement sont déjà désastreuses et elles pourraient l’être davantage dans un avenir rapproché.

 

Dans le contexte politique actuel, où les institutions publiques sont de plus en plus démantelées, les groupes de citoyens qui défendent leur coin de pays prennent le relais de gouvernements qui les laissent tomber et dont la priorité est axée sur le développement économique. Les citoyens qui résistent à l’industrie pétrolière sont des lanceurs d’alertes qui se battent pour un environnement plus sain et une société plus équitable. Cette exposition est une reconnaissance de cet engagement et du don de soi.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

 

Née en 1969 à Montréal, Isabelle Hayeur vit et travaille au Québec. Elle détient un baccalauréat (1997) et une maîtrise (2002) en arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal. Artiste de l’image, elle est connue pour ses photographies et ses vidéos expérimentales. Elle a aussi réalisé plusieurs installations in situ ainsi que des commandes publiques. Sa démarche s’inscrit dans la perspective d’une critique environnementale, urbanistique et sociale. Elle s’intéresse particulièrement aux sentiments d’aliénation, de déracinement et de désenchantement.

 

Depuis la fin des années 1990, Isabelle Hayeur sonde les territoires qu’elle parcourt pour comprendre comment nos civilisations contemporaines investissent et façonnent leurs environnements. Elle a surtout documenté des paysages altérés, des zones industrielles, des sites touristiques, des endroits abandonnés, des banlieues et des régions défavorisées. Elle est préoccupée par le devenir des lieux et des communautés dans le contexte sociopolitique néolibéral que nous connaissons actuellement. Son approche artistique examine les relations entre nature et culture dans un monde où leur (fausse) opposition constitue une idéologie dominante qui structure encore nos sociétés occidentales.

 

Lorsque le principe d’utilité prime sur toutes les autres valeurs et que l’économie devient souveraine, tout est envisagé comme « ressource » à dépouiller ou comme site à occuper. Ses œuvres cherchent à montrer comment nous prenons possession des territoires et des êtres pour les adapter à nos besoins; cette logique instrumentale tend à envahir tous les champs de l’activité humaine aujourd’hui.

 

Sa pratique artistique s’avère à la fois politique et poétique, et dénote un constant souci de brouiller les pistes afin de mettre en relief l’ambivalence de notre rapport au monde. Tout aussi séduisantes qu’inquiétantes, ses images éveillent en nous un sentiment ambigu qui reflète notre inconfort et révèle les failles d’un système déshumanisé.

 

BIOGRAPHIE

 

Les œuvres d’Isabelle Hayeur ont été largement diffusées. Elle a participé à plusieurs présentations publiques importantes, entre autres au Musée d’art contemporain de Montréal, au Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa), au Massachusetts Museum of Contemporary Arts (North Adams), au Neuer Berliner Kunstverein (Berlin), au Centre culturel canadien (Paris), au Casino Luxembourg Forum d’art contemporain (Luxembourg), au Today Art Museum (Beijing), Hiroshima City Museum of Contemporary Art (Hiroshima) et aux Rencontres internationales de la photographie à Arles. Ses œuvres figurent dans une trentaine de collections, dont celles du Musée des beaux-arts du Canada, du Fonds national d’art contemporain à Paris, de la Art Gallery of Ontario, de la Vancouver Art Gallery, du Musée d’art contemporain de Montréal, du New Orleans Museum of Art et du Museum of Contemporary Photography de Chicago.