Expérimentation phytoplancton sauvage
Gabrielle Turbide
Résidence | Du 16 au 27 août 2027
Ce projet de résidence s’inscrit dans la continuité d’une recherche-création portant sur la photosynthèse et les procédés d’image vivante. Il prolonge une installation art-science mettant en relation des micro-organismes photosynthétiques et des dispositifs électroniques au sein d’un marais construit, à partir de procédés d’impression à la chlorophylle. Les images composées de phytoplancton prennent la forme de bio-archives sensibles, capables de réagir à leur environnement : elles s’altèrent, se transforment ou se réactivent selon les conditions, conservant une latence biologique propre aux microalgues. L’ensemble interroge les formes de cohabitation entre le végétal et son milieu, ainsi que les équilibres fragiles propres aux environnements altérés.
La résidence vise l’exploration de milieux aquatiques situés le long des baies du golfe du Saint-Laurent, afin d’expérimenter l’impression à partir de fragments sauvages, notamment le périphyton, une communauté complexe d’organismes microscopiques composée d’algues, de bactéries, de protozoaires et de métazoaires, qui s’accumulent sur les surfaces immergées. Ce matériau vivant devient à la fois le sujet et l’agent du processus photographique.
Ces explorations s’ancreront dans l’écosystème singulier de la Baie des Chaleurs, entre marécages, milieux salés et variations de marée, afin de concevoir des outils et des supports biodégradables spécifiquement adaptés aux contraintes et aux potentialités du territoire.
Biographie
Gabrielle Turbide est une artiste basée à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. En 2023, elle obtient un Baccalauréat interdisciplinaire en arts numériques complété à l’UQAC.
Elle poursuit actuellement une Maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM, où elle obtient la bourse des professeur·e·s de l’ÉAVM (2023) ainsi que la bourse ARPRIM/ÉAVM (2024).
Elle est membre du groupe de recherche-création Hexagram, du centre de recherche et création en arts numériques Ubchihica et du Laboratoire d’art et de recherche décoloniaux de l’UQAM. Son travail a été présenté lors d’expositions collectives et conférences au Canada, en Colombie, au Mexique et au Maroc.
Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.
Démarche artistique
Artiste interdisciplinaire, Gabrielle Turbide développe une pratique à l’intersection de l’art, de la biologie et de la technologie, explorant les biotechnologies artisanales, les biomatériaux et l’impression à la chlorophylle. À travers la conception d’écosystèmes expérimentaux composés de plantes, de micro-organismes et de dispositifs low tech, son travail cherche à rendre perceptibles les dynamiques de transformation et de résistance du vivant.
Elle s’intéresse à la capacité de la matière vivante à produire des images et de l’énergie. Des procédés d’impression végétale, tels que le chlorotype et l’anthotype, font émerger des images issues des réactions photochimiques de la chlorophylle exposée à la lumière ultraviolette. Ces impressions éphémères se transforment et se dégradent au contact de leur environnement. Elles portent une mémoire fragile et transitoire : l’empreinte d’une disparition, celle des corps, des voix et des écosystèmes précaires. À travers ces explorations, Gabrielle Turbide interroge les liens entre corps vivants et machines fragiles, émergence et effacement.
Remerciements
Merci à nos partenaires majeurs: le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et la Ville de Carleton-sur-Mer.
Gabrielle Turbide, Expérimentation phytoplancton sauvage, bassin, 2026. Photos : Courtoisie de l’artiste