Brouillamini
Denis Bordeleau
Exposition | Du 23 mai au 12 juillet 2014
Brouillamini, c’est le chaos !
On peut ainsi qualifier l’organisation physique des bidonvilles à travers le monde. Toutes ces constructions issues de la pauvreté révèlent des formes, des textures et des couleurs qui deviennent pour l’artisted’importantes sources d’inspiration. De la pauvreté matérielle de « ces architectures de la nécessité » se dégage une richesse : les accidents topographiques, l’ossature des structures et l’agencement chaotique des constructions créent un environnement fébrile en perpétuelle mutation. Tout ceci constitue un paradoxe entre une pauvreté extrême et toute la richesse morphologique de ces architectures de la nécessité.
Ce projet d’installation propose une nouvelle lecture de ces environnements où la force picturale des formes et des couleurs est révélée, voire magnifiée, permettant ainsi de créer un univers ludique, étonnant, onirique.
Le sujet étant fortement lié à la pauvreté, Denis Bordeleau choisi de le traiter à l’aide de supports et de médiums que l’on peut également qualifier de pauvres. Ainsi, différents types de cartons d’emballage recyclés représentent l’essentiel des supports utilisés. Quant aux médiums, on parle ici de crayons de tous genres (mine, feutre, graphite, fusain, Crayola), de gouaches pour enfants et de pastels.
La recherche de l’essentiel à l’aide de moyens de fortune constitue souvent un élément moteur à la créativité. Pour un instant, cela permet d’affirmer que, contrairement à l’énoncé fort connu, « rien ne se perd, tout se crée ».
Biographie
Actif en arts visuels depuis plus de 25 ans, Denis Bordeleau a obtenu un baccalauréat en arts plastiques de l’Université Laval en 2008. Sa pratique se matérialise principalement à travers la peinture, le dessin, la sculpture et l’installation.
Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.
Démarche artistique
Sa démarche s’articule autour du concept de métamorphose. À partir d’un réel perçu, il déstructure et reconstruit le sujet de départ, opérant ainsi une transformation plastique de celui-ci. Quelquefois, ses interventions aboutiront à brouiller, gribouiller, déformer, remodeler ces objets pour en dégager une expression nouvelle et singulière. Ses sources d’inspiration sont multiples et souvent puisées à partir de son environnement et des images captées au quotidien : un paysage extrait de la trame urbaine, l’architecture d’un édifice, un bâtiment à l’abandon ou en cours de démolition, les recoins d’un hangar ou de simples oiseaux deviennent des éléments déclencheurs à partir desquels il explore et élabore ses compositions. Ce n’est pas tant le sujet qui lui importe, mais le traitement de son aspect formel.
Ses œuvres picturales et plastiques se construisent principalement à partir de surfaces et supports marqués par le sceau du temps, porteurs de stigmates et de traces de vie. Privilégiant les matériaux possédant déjà du caractère, une âme et une matérialité forte, il affectionne tout particulièrement la récupération et la réutilisation de matériaux divers.
Ses projets les plus récents, inspirés par les architectures des bidonvilles, lui permettent d’explorer plus en profondeur des environnements et trames urbaines où règne un chaos structurel. Il s’agit pour cet artiste d’en extraire des formes, des couleurs et des textures pour créer un impact visuel et pour en révéler la matérialité.
Capsule Vidéo
Remerciements
Merci à nos partenaires majeurs : le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et la Ville de Carleton-sur-Mer.
1-8. Denis Bordeleau, Brouillamini, vues d'exposition, 2014. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague