Ces derniers souffles
Mathilde Forest
Résidence | Du 3 au 14 août 2026
Exposition | Du 6 novembre au 12 décembre 2026
Les douze derniers mois ont été pour Mathilde Forest l’expérience d’une double dissolution : celle de la fin de vie de sa mère et celle des récifs coralliens. À la fois fille et artiste, elle a veillé et accompagné ces disparitions tout en développant un corpus d’œuvres fondé sur l’observation parallèle du corps maternel et des coraux en déclin.
À la croisée de l’intime et de la science, ce projet tisse un dialogue entre la fin de la vie humaine et la lente dégradation des écosystèmes marins. Attentive aux correspondances entre la maladie dégénérative de sa mère et l’altération du vivant marin, le travail de Mathilde Forest prend la forme d’une veille : un geste d’écoute, de soin et de présence face à la disparition. Durant cette période, elle a tenu un journal de veille dans lequel elle tentait de saisir comment le dernier souffle se matérialise — chez l’humain comme dans les écosystèmes.
Ces derniers souffles se déploie à travers des captations sonores et vidéo ainsi que des diapositives artisanales. Ces fragments composent un environnement sensible où s’entrelacent mémoire, observation et traces de transformation à travers deux volets. Le premier, plus intime, s’ancre dans l’accompagnement de sa mère, atteinte d’une maladie incurable et ayant choisi son départ un an à l’avance. Mathilde Forest passait dix jours par saison à ses côtés dans une maison au bord de la mer, sur la rue des Tournepierres — entre le Barachois et la Baie de la Pointe-Verte. L’eau y façonnait le rythme des jours et des marées, imposant une respiration lente partagée entre le corps, la maladie et la mer. Le second volet est celui issu de ses voyages photographiques sous-marins documentant la disparition des récifs.
Prévu avant l’annonce du départ de sa mère, ce travail s’est progressivement confondu avec l’expérience de veille. Les collectes sonores et visuelles l’ont menée vers les grandes barrières de corail, où la dissolution du vivant faisait écho à celle qui se jouait près d’elle. Les images révèlent différents états de dégénérescence, où la mort imminente devient une présence centrale.
Biographie
Originaire de Caplan, Mathilde Forest détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia et une maîtrise en sciences sociales de l’Université Laval. Elle est chercheuse associée au Centre de recherche sur les innovations et les transformations sociales (CRITS) de l’Université Saint-Paul d’Ottawa.
Son travail a été présenté lors d’expositions individuelles aux Rencontres de la photographie en Gaspésie (2018), à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal (2019), Skol (2020), l’Atelier Mondial à Bâle en Suisse (2021), Occurrence (2024), Hangar 7826 (2025) et Galerie d’Outremont (2027).
Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.

Démarche artistique
Mathilde Forest est une artiste visuelle canadienne qui s’intéresse aux transformations du territoire dans leurs dimensions esthétiques et sociologiques. À travers une pratique pluridisciplinaire qui inclut la photographie, la vidéo, l’art numérique et l’art imprimé, Mathilde Forest élabore différentes déclinaisons visuelles à partir de territoires ou d’écosystèmes vulnérables qu’elle aborde comme terrains d’investigation. À travers ses plus récents projets, elle cherche à susciter la réflexion sur le rapport que nous entretenons avec le vivant, et plus particulièrement aux concepts de disparition et de conservation.
Travaillant souvent à partir de la forme sérielle de l’inventaire, ses projets mettent en scène des paysages changeants ou en restituent des empreintes. L’exploration sur le terrain et la consultation de scientifiques issus de plusieurs disciplines sont parties intégrantes de sa démarche créative. Ses projets intègrent aussi une part d’expérimentation et de « détournement » des outils empruntés à l’écologie, à la géologie et à l’ingénierie.
Remerciements
Merci à nos partenaires majeurs: le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et la Ville de Carleton-sur-Mer.
Nous tenons également à remercier Poème en août, pour leur accueil et leur collaboration lors des présentations publiques de Mathilde Forest les 7 et 8 août 2026.
1-2. Courtoisie de l’artiste
3. Atelier-rencontre avec le public, dans le cadre du festival VIVACES (Poème en août), 8 août 2026. Crédit photo : Centre d'artistes Vaste et Vague