pendant que la lune s’éloigne, as the moon drifts away
Amélie Bélanger, Alphiya Joncas, Emily Spooner, annik st-arnaud, Mariane Tremblay. Commissaire: Noémie Fortin
Exposition | Du 29 mai au 11 juillet 2026
« Tu m’apprends que la lune s’éloigne :
quatre centimètres par année.
Elle s’en va.
Il faut l’aimer. »
– Andréane Frenette-Vallières
La lune influence les rythmes du vivant. Elle module les marées, éclaire les mouvements nocturnes, accompagne les cycles de reproduction et pleure les morts. Son corps céleste façonne un temps long qui guide les rituels et veille sur les entre-mondes.
À mesure de son éloignement, nos relations se fragilisent et notre rapport au monde se redessine. La lente dérive de l’astre rocheux porte le présage des disparitions à venir. De là s’éveille un sentiment de deuil écologique qui s’infiltre dans les pertes annoncées : espèces qui s’éteignent, écosystèmes qui cèdent, pratiques qui s’oublient, paysages devenus méconnaissables.
L’exposition pendant que la lune s’éloigne réunit des artistes qui travaillent à partir de ces zones sensibles, là où la transformation devient perceptible. Nourries par des pensées écoféministes, leurs pratiques s’engagent dans une relation magico-poétique avec le vivant et ce qui est appelé à mourir. Elles tissent des liens entre le corps, la matière et le territoire ; elles jouent, construisent, invoquent. Elles nous enjoignent à nous endeuiller à leurs côtés.
Dans la lueur des feux follets, Emily Spooner dresse un autel funéraire qui réenchante la nuit et les occultations qu’elle couve. Elle se fait plante fantôme et papillon nocturne. Alphiya Joncas, elle, fabule des vies possibles sur des sols inatteignables. Elle s’apparente aux rochers qu’elle côtoie, s’y reconnaît, et s’invente des naissances minérales entre deux territoires d’hiver. annik st arnaud fait couler des incantations qui détournent les marées. Son installation envoûte, suit le mouvement des vagues et reflète les rotations de la lune. Faisant nid dans l’instable, Amélie Bélanger trouve refuge dans ce qui restera après les désastres. Elle reconnaît la force fragile de sa maternité dans les mues que les couleuvres ont laissées derrière. À l’écoute de la forêt, Mariane Tremblay et son fils jouent aux rois de la montagne et se transforment en souterreux. Baguettes de cuivre à la main, iels assemblent des matières à conduction qui font circuler les guérisons.
Leurs œuvres ne cherchent pas à retenir ce qui s’en va. Elles proposent plutôt des gestes d’attention, de mémoire et de soin. Ensemble, elles esquissent des rituels contemporains pour habiter le deuil écologique non pas comme une fin, mais comme une condition du présent.
La présente exposition s’inscrit dans le cadre du projet PRÉSENCES initié par le Centre SAGAMIE en collaboration avec 7 centres de diffusion partenaires : L’Écart [Rouyn-Noranda], daphne [Montréal], Skol [Montréal], Vaste et Vague [Carleton], L’Œil de poisson [Québec], Caravansérail [Rimouski], Regart [Lévis].
PRÉSENCES vise à diffuser le travail de 35 artistes et de 8 commissaires/auteurs·trices de la relève dans le milieu professionnel des centres d’artistes à travers le Québec.
Le projet PRÉSENCES bénéficie du soutien financier du Programme Initiatives structurantes en circulation d’œuvres de la relève au Québec du CALQ.
→ Pour entendre les artistes et la commissaire discuter de l’exposition pendant que la lune s’éloigne, as the moon drifts away, écoutez le 4e épisode de notre balado disponible gratuitement sur notre chaîne Youtube.
Biographies
Commissaire
(Cookshire-Eaton)
Artistes
(Frelighsburg)
(Îles-de-la-Madeleine)
(Tiohtià:ke/Montréal)
(Tiohtià:ke/Montréal)
(Larouche)
Remerciements
Merci à nos partenaires majeurs: le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et la Ville de Carleton-sur-Mer.
Nous souhaitons également remercier le centre d’artistes Sagamie, initiateur et porteur du projet PRÉSENCES dans lequel s’insère cette exposition.
Événements
Balado
Pour le 4e épisode du balado de Vaste et Vague, la commissaire Noémie Fortin s’est entretenue avec Amélie Bélanger, Alphiya Joncas, Annik St-Arnaud et Emily Spooner, à propos de l’exposition pendant que la lune s’éloigne, as the moon drifts away. L’épisode est disponible gratuitement sur notre chaîne Youtube.
1- Alphiya Joncas, ce que je ne sais pas s’invente, 2026. Photo : courtoisie de l’artiste
2- Alphiya Joncas, ce que je ne sais pas s’invente (vue d'exposition), 2026.
3 à 5- Mariane Tremblay, nous sommes souterreux (vue d'exposition), 2026.
6 et 7- Amélie Bélanger, j’ai trouvé un endroit sans rayon (vue d'exposition), 2026.
8 à 11- Annik St-Arnaud, une soif flexible (vue d'exposition), 2026.
12 à 14- Emily Spooner, she drifts where the night wind blows (vue d'exposition), 2026.
Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague (sauf lorsque spécifié autrement)

