Retomada

Renaud Philippe

Exposition | Du 15 au 17 mai 2026

Ce projet est présenté par les Rencontres de la photographie en Gaspésie dans le cadre du Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer.

 

La Retomada est un mouvement de réappropriation des terres ancestrales mené par le peuple autochtone guarani au Brésil. Leur lutte, profondément enracinée dans une résistance historique, est marquée par une violence systémique. Les forces de police locales, souvent complices des intérêts agro-industriels et de leurs milices, alimentent ce conflit que les Guaranis décrivent comme un génocide lent.

 

Depuis les années 1980, de nombreuses communautés guaranies se battent pour récupérer leurs terres ancestrales, volées et dévastées par l’agro-industrie. L’histoire de cette dépossession remonte au milieu du XXe siècle avec l’arrivée massive de colons, venus d’Italie et d’Allemagne, dans les États du Paraná et du Mato Grosso do Sul – une influence encore visible aujourd’hui. Commence alors un grand travail de déforestation qui entraînera en quelques décennies la disparition de près de 90 % de la forêt atlantique brésilienne, remplaçant sa riche biodiversité par de vastes monocultures de soja et de maïs. Aujourd’hui, alors que l’agro-industrie contrôle ces terres fertiles, les Guaranis, eux, ont été placés dans des réserves.

 

Dans les retomadas, partout où les Guaranis récupèrent d’infimes parcelles de terre, la forêt commence à renaître. Cette réappropriation n’est pas seulement une lutte territoriale, mais aussi écologique ; elle incarne le combat que l’humanité tout entière doit mener pour assurer sa propre survie.

 

« Nous sommes des protecteurs

des gardiens de la forêt, des gardiens du vivant,

des gardiens des semences

 

Notre objectif est de reboiser nos esprits,

l’âme de la société, la Terre Mère

 

Chaque jour, elle appelle à l’aide

Mais l’avidité étouffe sa voix »

 

Paulina Martines, leader Avá-Guarani

Biographie

Renaud Philippe (né en 1984) est un photographe documentaire basé à Québec. Photographe indépendant depuis 2006 et collaborateur régulier du New York Times, il s’intéresse aux impacts à long terme des guerres et des crises climatiques sur les populations civiles. Aujourd’hui, son travail se concentre sur les mouvements anticoloniaux et environnementaux. Ses reportages ont été présentés à Visa pour l’Image (France), au Angkor Photo Festival (Cambodge) ainsi qu’au Festival international de photographie de Barcelone (Espagne).

 

Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.

Remerciements

Nous souhaitons remercier le Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer et les Rencontres de la photographie en Gaspésie. Depuis quatre ans, une collaboration soutenue entre nos organismes valorise, par le biais d’une exposition, le travail exceptionnel d’artistes.

 

Merci à nos partenaires majeurs: le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et la Ville de Carleton-sur-Mer.