Séjour temporaire / Altération provisoire
Marie-Claude Bouthillier, Marc Dulude, Donna Legault, Sofian Audry, Jean-François Caissy, Sylvie Crépeault, Milutin Gubash et Pierre-Olivier Fréchet-Martin
Événement | Du 24 juin au 7 septembre 2013
Par le commissariat de Marie-Hélène Leblanc, le projet explore l’impact du tourisme et les changements temporaires du paysage.
Au cours des dernières années, le Centre d’artistes Vaste et Vague a implanté sur le territoire gaspésien des événements artistiques estivaux récurrents qui soulèvent les problématiques actuelles de l’art contemporain. S’inscrivant dans cette continuité, l’évènement Séjour temporaire | altération provisoire aura lieu à Carleton-sur-Mer durant l’été 2013. Mis de l’avant par le Centre d’artistes Vaste et Vague, il sera le fruit d’une collaboration entre huit centres d’artistes autogérés du Québec.
Séjour temporaire | altération provisoire a pour thème l’occupation d’un territoire sur une période transitoire dans un processus d’appropriation artistique localisée. Le projet consiste en la réalisation de huit interventions artistiques dans la ville, d’un office de tourisme culturel dans la salle d’exposition du Centre d’artistes Vaste et Vague et d’une carte géographique.
Les artistes Sofian Audry, Marie-Claude Bouthillier, Jean-François Caissy, Sylvie Crépeault, Marc Dulude, Milutin Gubash, Donna Legault et Pierre-Olivier Fréchet-Martin ont exploré la ville de Carleton-sur-Mer afin de s’en inspirer, de se l’approprier par sections et, finalement, de l’investir.
Marie-Hélène Leblanc
Présentation de la commissaire
Marie-Hélène Leblanc est artiste, auteure et commissaire.
Parmi ses récents commissariats, on retrouve Objet Indirect Object (2011), co-commissarié avec Steven Loft et présenté à DAÏMÕN, à AXENÉO7, à Artengine et à SAW Vidéo, mais aussi Hommes en voie de distinction (2011),
diffusé au Centre d’exposition l’Imagier. À la suite d’une résidence de recherche à La Chambre blanche (2010) portant sur l’art conflictuel, elle a réalisé deux projets de commissariat, l’un présentant le travail d’Emanuel Licha intitulé Striking a Pose_Prendre pose, qui a été présenté sous diverses formes à Latitude 53 (Edmonton), à Paved Arts (Saskatoon) et au Musée régional de Rimouski en 2012. Le second projet, La Résistance, a été réalisé à l’hiver 2012 au centre d’artistes Caravansérail, à Rimouski, dans le cadre d’Espace blanc 5.
Marie-Hélène Leblanc publie aussi des textes et produit des livres d’artistes. Elle poursuit ses recherches sur le post-conflit en art contemporain au Doctorat en Études et pratiques des arts à l’UQAM.
Marie-Claude Bouthillier
Lieu de l’oeuvre : Le site de la statue de la Vierge (réplique de Lourdes), près du CÉGEP
Titre de l’oeuvre : Conversation
Centre d’artistes partenaire : Clark (Montréal)
«Une conversation entre deux femmes, une conversation entre la mer et la montagne, une conversation avec un lieu et son histoire, des conversations
avec les gens de Carleton, une conversation avec mon père. » MCB
Marie-Claude Bouthillier s’intéresse de près au site de la statue de la Vierge (réplique de Lourdes) qui se trouve près du CÉGEP. Ce statuaire à la modeste beauté, datant de 1867, est sculpté dans la pierre calcaire tirée de la mine de Nouvelle.
L’intervention de l’artiste est discrète et tente de revaloriser ce lieu ancien qui témoigne du passé de Carleton. Pour ce faire elle a produit, en collaboration avec son père, des milliers de petits coquillages en porcelaine blanche, et les a répandus au sol, des pieds de la statue dans sa grotte jusqu’à la petite fille lui faisant face. Les coquillages moulés par son père portent la double empreinte des rainures du coquillage qui lui sert de modèle et des lignes de la paume de la main paternelle. Aux herbes et aux fleurs déjà existantes ont été ajoutées quelques plantes maritimes locales. Il s’agit de mettre en valeur le sens symbolique de la statue en parallèle à la façon dont la ville de Carleton s’inscrit dans son environnement géographique.
Un rapprochement est ainsi fait entre la disposition des éléments de la statuaire du couvent et et la façon dont Carleton se situe face à la mer, retenue par les bras du Barachois. La statue de la Vierge (la mer) est flanquée de deux bras de fleurs (le Barachois) qui rejoignent la statue de la petite fille (Carleton). Ce site peut être mis en relation avec l’autre statuaire et lieu de pèlerinage de Carleton : L’Oratoire Saint-Joseph sur la montagne. Traditionnellement, la montagne est un symbole du père, et la mer un symbole de la mère. Ici c’est comme si Carleton était l’enfant des deux.
Depuis la fin des années 1980, le travail de Marie-Claude Bouthillier fait régulièrement l’objet d’expositions individuelles et collectives au Québec et à l’étranger. Ses oeuvres sont sélectionnées pour des projets collectifs dans les grandes institutions québécoises, notamment le Musée d’art contemporain de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec. Bouthillier présente Créatures à La Chambre Blanche à Québec en 2004 et Réponse à Zola, en 2006, où elle assume le rôle de commissaire. Elle propose Apparitions, une exposition solo, au Centre d’art et de diffusion CLARK au printemps 2008. En 2010, Dans le ventre de la baleine est présenté à la galerie OPTICA. En 2011, elle expose La bonne Aventure à la Centrale Galerie Powerhouse, à laquelle succède Familles en 2012, au Musée McCord. Marie-Claude Bouthillier détient une maîtrise de l’Université du Québec à Montréal où elle vit et travaille. Elle est Lauréate du prix Louis-Comtois 2011.
Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.
Marc Dulude
Lieu de l’oeuvre : Nomade, à travers la ville
Titre de l’oeuvre : Souvenir
Centre d’artistes partenaire : Praxis (Sainte-Thérèse)
Au-delà du paysage et de la nature saisissante, ce qui interpelle Marc Dulude à Carleton-sur-Mer est l’histoire de la ville. Un événement historique, qui peut paraître anecdotique pour certains,
prend à ses yeux une valeur qui lui inspire une réinterprétation mythique.
L’artiste propose dans le cadre de l’événement Séjour temporaire | altération provisoire une sculpture inspirée de la nature, du nomadisme et du patrimoine de la ville de Carleton. À une certaine époque, le cimetière situé à côté de l’église Saint-Joseph a été déménagé pour laisser place au tracé de la nouvelle route 132, toujours utilisée aujourd’hui. Clin d’œil historique, cette œuvre fait référence à l’altération du paysage et au tourisme.
La sculpture mobile « Souvenirs »
consiste en une petite remorque et une parcelle de terrain imitant une partie d’un chargement de terre, de façon à donner l’impression qu’une machinerie lourde, telle une pelle mécanique, aurait déchargé malencontreusement une pelletée de terre sur la remorque.
Au-dessus de ce monticule, une flore, arrachée à son emplacement, à son décor. L’œuvre agit comme un souvenir, une tranche, révélant par le fait même un paysage mobile, fait d’arbres et de végétaux. Telle une roulotte de campeur, cette petite île mobile fera escale à plusieurs endroits dans la ville de Carleton-sur-Mer et terminera son parcours dans le stationnement de l’église, lieu phare de cette œuvre.
Souvenir est une œuvre ludique qui révèlera aux curieux une partie de l’histoire de la région tout en faisant un clin d’œil au comportement du touriste. Une proposition qui joue avec le concept du nomadisme et tente de recréer des sensations suggérant l’imprévisible et l’ambigüité.
Artiste originaire du Saguenay, Marc Dulude vit et travaille à Montréal. Il a obtenu une maîtrise en arts visuels de l’Université du Québec à Chicoutimi en 2003. Actif depuis 1999, cet artiste en arts visuels a présenté près d’une dizaine d’expositions individuelles et participé à de nombreux événements artistiques, expositions collectives et projets sociaux. Son travail artistique multidisciplinaire prend la forme d’installations, de sculptures, d’œuvres in situ et de photographies.
Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.
Donna Legault
Lieu de l’oeuvre : Marché Viens Métro
Titre de l’oeuvre : Territoire subtil
Centre d’artistes partenaire : DAIMON (Gatineau)
Donna Legault invite les gens à interagir avec le son dans les espaces publics, à découvrir et identifier des territoires sonores qui prennent forme par le biais de la transformation et l’amplification de la réalité acoustique.
L’installation sonore Subtle Territory manifeste des sons imperceptibles issus de l’environnement pour révéler un champ sonore liminal. Aux limites de l’audible, des zones acoustiques floues flottent au-dessus et en-dessous du seuil de perception de l’oreille humaine. Les sons qui voyagent le plus loin et ont l’effet le plus viscéral sont les plus basses fréquences qui emplissent nos espaces quotidiens.
Ces espaces vivants sont saturés de bruits ambiants et d’un nombre croissant de sons urbains qui se situent juste au-delà de notre seuil de perception. Ces champs subtils de basses fréquences surgissent continuellement autour de nous, définis par le souffle acousmatique du vent, des vagues, du tonnerre et de bruissements atmosphériques qui se mélangent avec le grondement du trafic et des machines.
Les installations sonores in situ placées à l’intérieur du Marché Viens Métro et autour des murs extérieurs du magasin ont été reconditionnées de manière à transformer ce terrain en champ sonore audible. Les murs et les tuyaux du bâtiment agissent comme des surfaces acoustiques qui transmettent les vibrations urbaines et ambiantes de l’espace environnant aux microphones sensibles. À l’aide d’une programmation Pure Data adaptée, les sons à basses fréquences sont isolés des sons arrivant en direct dans le microphone et reconvertis dans le registre audible. Dans ce territoire sonore qui émerge progressivement, les sons ambiants qui voyagent sur des centaines de kilomètres résonnent comme des pulsations et des drones en vibration. On distingue au loin la pulsation continue des éoliennes et le tremblement intermittent issu d’orages, de trains, de bateaux ou d’activité minière. Ces sons sont rejoints par des harmoniques qui émergent des mouvements produits par les occupants du bâtiment, le trafic local et le bruit industriel. Subtle Territory transforme ce champ de résonances soniques en une expérience acoustique de la vie quotidienne en constante évolution.
Donna Legault est une artiste conceptuelle dont l’œuvre combine l’art électronique, l’installation sonore, la sculpture et la performance. Croisant ces disciplines, elle s’intéresse au son comme le prolongement dynamique de nos actions quotidiennes. Son travail sur la perception attire l’attention sur les qualités relationnelles du « bruit » en tant que présence matérielle et temporelle. Donna Legault est titulaire d’un baccalauréat en histoire de l’art de l’Université Carleton et d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université d’Ottawa. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions, présentées entre autres par la Truck Gallery à Calgary; Ottawa City Hall Art Gallery; AXENEO7 à Gatineau; Espace F à Matane, Québec; Maison de la Culture à Gatineau; DAÏMÕN à Gatineau; Karsh Masson Gallery à Ottawa; InterAccess Media Arts Centre à Toronto; Artspace in Peterborough et la PDCON Exhibition à Weimar, Allemagne.
Sofian Audry
Lieu de l’oeuvre : Marina de Carleton
Titre de l’oeuvre : Plasmose
Centre d’artistes partenaire : Perte de signal (Montréal)
Plasmose est une oeuvre électronique sous-marine installée dans la marina de Carleton. Entité artificielle, elle interagit dans son milieu aquatique par le biais de multiples senseurs, agrégeant les données en un flux constant,
au gré des marées, des courants et autres variations. Elle s’adapte, se transforme et évolue au fil du temps, mue par les différents cycles naturels dans lesquels elle s’inscrit. L’oeuvre agit ainsi comme une voie de passage et d’échange entre le monde aérien de la ville et le monde subaquatique. Située au point de changement de phase entre le solide et le gazeux, elle permet au visiteur d’exister pour un temps entre ces deux mondes, d’en apprécier la constitution, la densité, la temporalité et les limites respectives. Elle soulève des questions sur notre relation à l’espace maritime et à ses fragiles écosystèmes.
Plasmose propose d’intégrer un agent artificiel à un habitat limitrophe. Ce simple ajout vient déséquilibrer le milieu de vie au sein duquel l’oeuvre est implantée, favorisant l’émergence d’un nouvel équilibre. Cet équilibre n’est pas statique: au fil de l’été, les changements physiques et humains viendront affecter le lieu aussi bien que l’oeuvre, reconfigurant continuellement l’un et l’autre.
Le lieu choisi agit en résonance avec l’oeuvre: la marina est une voie d’accès reliant la ville et la mer.
L’oeuvre est accrochée à un faux ponton intégré à la marina; une fenêtre en plexiglas permet aux utilisateurs de la marina et aux visiteurs d’observer ses mouvements et réactions sous-marines. Créature intrigante, à mi-chemin entre le biologique et l’artificiel, sa présence peut provoquer différentes réactions allant de l’inquiétude à l’amusement. Chez les utilisateurs réguliers de la marina, la relation établie avec l’oeuvre pourrait par ailleurs évoluer au cours de l’été.
Sofian Audry détient un baccalauréat en mathématique informatique, ainsi qu’une maîtrise en science informatique de l’Université de Montréal. Depuis 2004, il a développé différents projets installatifs et Web, tant à titre individuel que collectif. Il s’est joint au centre d’artiste Perte de Signal en 2005 et a récemment complété une maîtrise en communication (médias interactifs) (UQAM, 2010). Il étudie présentement au programme de Ph. D. Humanities (Concordia). Sofian Audry travaille dans un créneau qui mêle les nouvelles technologies aux mécanismes cognitifs et sociaux de l’être humain. Les œuvres qu’il conçoit s’édifient à l’aide d’algorithmes complexes et traitent les données que génère l’activité d’interfaces ingénieuses. Son travail a été présenté dans de nombreux festivals et lieux d’exposition au Canada, en Europe et en Asie.
Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.
Jean-François Caissy
Lieu de l’oeuvre : Quai de Carleton-sur-Mer
Titre de l’oeuvre : La bête au village Centre d’artistes partenaire : Vaste et Vague (Carleton-sur-Mer)
Ayant développé sa pratique artistique principalement en tant que cinéaste, Jean-François Caissy sort momentanément d’une certaine zone de confort en redonnant à un lieu précis,
le quai, un second souffle le temps d’un été. Pour Séjour temporaire | Altération provisoire l’artiste saisit l’opportunité de revitaliser un endroit de Carleton-sur-Mer qu’il affectionne particulièrement, un lieu emblématique pour la région mais progressivement laissé à l’abandon, en intervenant, avec une photographie, sur le bout du quai.
L’installation photographique de Jean-François Caissy repose sur l’idée d’un « séjour temporaire » contenant une bonne part d’étrangeté. Celle-ci surgit de la présence fictive d’un animal, une bête sauvage onirique, dans un lieu dont il est habituellement exclu, un endroit très passant, créé par et conçu pour l’homme. Centre de toutes les rencontres estivales, le quai de Carleton-sur-Mer a été, il y a quelques années, amputé d’une partie de sa surface : l’extrémité du quai, restée en place, a été interdite au public pour des raisons de sécurité. La clôture métallique érigée en conséquence crée une sorte de no man’s land semblable à un enclos vide, à la fois ouvert à l’immensité de la mer, mais fermé aux utilisateurs.
Présentée par le biais d’une grande boîte lumineuse positionnée au centre de cet espace incongru, l’installation photographique que l’artiste propose met en scène un cerf de Virginie grandeur nature, dont l’allure majestueuse, avec ses bois pointant fièrement vers le ciel, se conjugue à une certaine fragilité du fait de son exposition dans cet environnement de béton hors de son milieu naturel. L’éclairage singulier confère à l’installation photographique un caractère onirique, donnant à la présence de l’animal un sens plus métaphorique.
Originaire du village de St-Omer en Gaspésie, Jean-François Caissy fait ses études en photographie au Cégep de Matane (1998). Parallèlement à son travail en photographie, Caissy développe un intérêt marqué pour le cinéma et réalise un premier long métrage documentaire, La saison des amours (2005), salué par la critique. Il réalise ensuite La Belle Visite (2009) qui lui vaut une première reconnaissance internationale. Présenté en première à la 60e Berlinale, le film est sélectionné dans bon nombre de festivals à travers le monde et se voit mériter plusieurs honneurs, dont le prix du meilleur documentaire au FICFA. Plus récemment, son installation vidéo Derby (2011) a été présentée au Centre Clark à Montréal.
Son travail aborde sans complaisance différentes facettes de la culture rurale québécoise.
Jean-François Caissy travaille actuellement à la postproduction de son troisième long-métrage documentaire, centré sur le thème de l’adolescence; tourné dans la Baie-des-Chaleurs, le film est produit par l’Office national du film du Canada.
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Sylvie Crépeault
Lieu de l’œuvre : Clôture longeant le barachois de Carleton-sur-Mer
Titre de l’œuvre : Opération migratoire
Centre d’artistes partenaire : L’Écart (Rouyn-Noranda)
Le barachois de Carleton-sur-Mer compte parmi l’un des plus importants sanctuaires d’oiseaux au Québec puisqu’il est reconnu officiellement comme une zone importante de
conservation des oiseaux (ZICO). La migration est le déplacement saisonnier d’une population de certaines espèces animales entre deux zones géographiques distinctes.
Cette migration prend tout son sens à travers l’événement Séjour temporaire | altération provisoire, puisque Carleton-sur-Mer et l’Abitibi-Témiscamingue sont situés à deux extrémités du Québec. Les oiseaux de Sylvie Crépeault sont donc en migration de l’Abitibi vers Carleton, tout comme l’artiste. Son passage se fait tel un acte migratoire et les oiseaux sont les témoins de ce passage. Ceux-ci se démarquent par leurs formes et leur ancrage photographique issu soit du territoire forestier de l’Abitibi ou du territoire marin de Carleton-sur-Mer.
Avec ce projet, l’artiste a voulu créer une population d’oiseaux en migration de Rouyn-Noranda vers Carleton-sur-Mer. Cette population d’oiseaux viendra infiltrer la clôture longeant le barachois durant tout l’été, pour ensuite repartir vers leur ville d’origine. De nouvelles espèces d’oiseaux viendront s’ajouter au paysage marin pour cohabiter avec les espèces protégées du barachois.
Tiulaire d’un diplôme d’études collégiales en arts plastiques du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue (2004) et d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université du Québec en Outaouais (2007), Sylvie Crépeault vit et travaille à Rouyn-Noranda. En 2010, elle expose son travail en solo au Centre d’exposition l’Imagier à Gatineau, elle participe à la Foire d’art alternatif de Sudbury et se démarque à la 10e Biennale internationale d’art miniature de Ville-Marie en remportant le Prix Impression Numérique.
En 2012, elle participe à l’exposition collective Dialogues de générations à l’Atelier les mille Feuilles, se mérite le Prix Relève lors de la remise des Prix d’excellence en arts et culture du Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue et voit deux de ses photographies acquises par la Collection du Fonds municipal d’art contemporain du Centre d’exposition de Rouyn-Noranda. En 2013, elle expose son travail en solo à la Galerie du Rift de Ville-Marie.
Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.
Milutin Gubash
Lieu de l’oeuvre : Hôtel de ville
Titre de l’oeuvre : Drapeau
Centre d’artistes partenaire : Vaste et Vague (Carleton-sur-Mer)
Dans ce projet, un détail de l’environnement (quelque chose indirectement noté comme « étant toujours là », « exactement ce qu’il faut » ou « à sa place ») est modifié, transformé. Sa signification prend forme
et évolue aussi selon ses chances d’attirer l’attention et la façon dont il est remarqué.
Nous apercevons des drapeaux hissés à mi-hauteur d’un mât, ou nous sommes frappés par leur absence; les drapeaux flottent de différentes manières qui nous amènent à faire des suppositions (ils flottent contre le vent et le soleil; ils affichent des idéaux politiques, des valeurs sociales, des idées sur le patriotisme, l’histoire, le devoir civique; ils se caractérisent par un certain arrangement de couleurs, de lignes, par la présence ou par l’absence d’une bande de tissu jeté dans l’environnement).
Dans un travail récent, Milutin Gubash s’est intéressé de près à des idées et des fantasmes d’un passé historique et politique qu’il n’a pas directement expérimenté lui-même, mais qu’il a compris en s’imaginant lui-même façonné par ce passé. Il a commencé à fabriquer des images qui suggèrent directement des drapeaux ou fonctionnent comme ceux-ci, les plus récentes étant obtenues en pliant un drapeau de l’ex-Yougoslavie et en photographiant la lumière passant à travers.
Selon l’artiste, ces images imprimées sur du tissu et isolées de toute référence politique/historique à une nation particulière fonctionnent en réalité comme des drapeaux qui suggèrent de nombreuses significations, sans qu’on puisse attribuer à aucun d’eux un sens stable, au-delà de la géométrie floue des motifs et du halo lumineux qui entoure ceux-ci. Tout en évoquant un lien possible avec la France, la Yougoslavie, le Brésil, l’Albanie ou l’Acadie, ces images ne désignent aucun pays en particulier. D’une certaine manière, ces drapeaux/images peuvent s’interpréter comme des symboles mouvants voire totalement vidés de leur sens ; le fait de s’approprier des mâts de Carleton-sur-Mer pour y accrocher ces images sur tissu faisant office de drapeaux pourrait susciter une série de questions : la ville est-elle occupée ? Par qui ou par quoi ? Par l’art ? Où traçons-nous nos propres frontières et faisons-nous serment ? Que prenons-nous pour acquis ?
Né à Novi Sad, Serbie, 1969
Vit et travaille à Montréal, Québec, Canada
Milutin Gubash a présenté des expositions au Canada, aux États-Unis et en Europe depuis 2000. Faisant appel à la photographie, à la vidéo et à la performance, le travail de Gubash met souvent en scène sa famille et ses amis qui jouent leurs propres rôles à l’intérieur de réalisations maison : comédies de mœurs, téléromans, portraits de famille et pièces de théâtre improvisées. Par des moyens simples et des gestes de tous les jours, nous sommes invités à suivre l’artiste qui brasse les idées reçues portant sur nos identités, nos histoires et nos environnements.
Pour en savoir davantage, consultez le site web de l’artiste ici.
Pierre-Olivier Fréchet-Martin
Lieu de l’oeuvre : Une cabane située le long de l’Avenue du Phare menant à la pointe Tracadigash
Titre de l’oeuvre : Flottement
Centre d’artistes partenaire : Avatar (Québec)
Pierre-Olivier Fréchet-Martin propose une infiltration passive et poétique dans le paysage de Carleton-sur-Mer. À la tombée de la nuit, Flottement permettra
d’assister à une lente projection ondulant au rythme des vagues. À la manière d’un théâtre d’ombres, une série de lumières alimentées à l’énergie solaire s’activeront pour créer un jeu d’ombres minimaliste sur une cabane, le long de l’Avenue du Phare menant à la pointe Tracadigash.
À la frontière du technologique, cette intervention « atmosphérique » présente une vision éthérée du paysage de bord de mer. La succession de silhouettes linéaires hypnotique et envoûtante réduit la mer à sa plus simple représentation. Combinées aux sons des vagues, ces images lumineuses créent un espace contemplatif. Par le biais de la programmation logicielle, l’artiste tente de reproduire l’état chaotique des mouvements marins dans toutes leurs subtilités. Il introduit volontairement une grande part d’aléatoire dans la composition des séquences pour refléter l’état de flottement imprévisible propre aux liquides; la composition des images se trouve en perpétuelle reconstruction. La ligne d’horizon immatérielle qui en résulte apparaît avec toute la pureté d’une image sans artifice.
Le déclenchement des lumières au crépuscule est orchestré par un microcontrôleur de façon à faire écho au mouvement de la mer. L’oscillation de l’image est complètement virtuelle puisqu’aucune pièce n’est en mouvement. La simple variation de l’intensité lumineuse des lumières génère à elle seule la matière de l’œuvre. De plus, la durée de chaque projection est déterminée par l’énergie emmagasinée dans les batteries au fil de la journée, de sorte que l’installation est complètement dépendante de son environnement et son bon déroulement est directement lié aux conditions météorologiques. L’artiste cherche à créer une intervention centrée sur l’esthétique de la nature dans toute sa banalité. Son intention n’est pas d’exhiber des prouesses techniques, mais bien de faire ressortir la beauté des plus simples opérations technologiques.
Pierre-Olivier Fréchet-Martin, jeune artiste de Québec, détient un baccalauréat en arts plastiques concentration nouveaux médias de l’Université Laval. Son travail s’appuie essentiellement sur l’installation réalisée à l’aide d’un dispositif électronique. En 2008, il participe à la Manif 4 et expose en solo à Caravansérail à Rimouski. La même année, il reçoit une Bourse Recherche et création du Programme artistes et écrivains de la relève du Conseil des arts et des lettres du Québec. Depuis, il a participé à de nombreux évènements, dont la première édition de Relève en Capitale, en plus d’obtenir une exposition solo à la galerie des arts visuels de l’Université Laval ainsi qu’à la Galerie Verticale de Laval. Son travail a également fait l’objet d’expositions dans les provinces Maritimes et en France.
Vidéos
Remerciements
Merci à nos partenaires majeurs : le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et la Ville de Carleton-sur-Mer.
Merci également aux sept centres d’artistes partenaires du projet : Avatar (Québec), Clark (Montréal), DAÏMÕN (Gatineau), L’Écart (Rouyn-Noranda), Perte de Signal (Montréal), Praxis (Sainte-Thérèse) et Sagamie (Alma).
1. Marie-Claude Bouthillier, Marc Dulude, Donna Legault, Sofian Audry, Jean-François Caissy, Sylvie Crépeault et Pierre-Olivier Fréchet-Martin, Séjour temporaire / Altération provisoire, photo souvenir de groupe (Milutin Gubash est absent), 2013. Crédit photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
2-4. Marie-Claude Bouthillier, Conversation, processus et vernissage, 2013. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
5-7. Marc Dulude, Souvenir, processus et vernissage, 2013. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
8-9. Donna Legault, Territoire subtil , vernissage, 2013. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
10-12. Sofian Audry, Plasmose, vernissage, 2013. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
13-15. Jean-François Caissy, La bête au village, processus, vernissage et vue de nuit, 2013. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
16-18. Sylvie Crépeault, Opération Migratoire, processus et vernissage, 2013. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
19-21. Milutin Gubash, Drapeau, vernissage, 2013. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
22-24. Pierre-Olivier Fréchet-Martin, Flottement, processus et vernissage, 2013. Crédits photo : Centre d'artistes Vaste et Vague
