Sous-courants

Pavitra Wickramasinghe et
Amélie Brisson-Darveau

Exposition | Du 12 mars au 24 avril 2027

Alors que la pratique commune d’Amélie Brisson-Darveau et Pavitra Wickramasinghe explore l’ombre comme matériau et métaphore, le projet Sous-courants explore une nouvelle forme d’ombre – les effets invisibles du son sur les écosystèmes aquatiques et les forces invisibles qui façonnent la vie sous la surface du fleuve Saint-Laurent, longeant la Gaspésie.

 

Le Saint-Laurent est une puissante artère symbolique et écologique qui traverse le Québec. Ses eaux sont riches en biodiversité, mais subissent également l’impact du commerce mondial. Corridor maritime clé, le fleuve est rempli de sonars, de bruits d’hélices et de vibrations industrielles. Alors que l’attention du public se concentre souvent sur l’effet du bruit sur les baleines ou les espèces commercialement viables, nous avons été frappés par la méconnaissance de son impact sur les plus petites formes de vie. Sous-courants imagine cette réalité méconnue – ce que l’on peut ressentir en tant que micro-organisme, sensible aux secousses subtiles, mais persistantes de l’activité humaine.

 

L’installation se déploie comme un théâtre d’ombres qui occupe l’espace de la galerie. Le public peut y découvrir un environnement immersif composé de formes sculpturales, de surfaces de projection, de vibrations sonores et d’ombres en mouvement.

 

Ce projet est une continuation de l’engagement d’Amélie Brisson-Darveau et Pavitra Wickramasinghe à créer des expériences sensorielles immersives. La présence des visiteurs joue un rôle clé : lorsqu’ils se déplacent dans l’espace, leurs corps et leurs ombres se confondent avec ceux des formes sculpturales, créant une interaction stratifiée de gestes, de perceptions et de traces. Des bancs équipés de haut-parleurs diffusent des enregistrements sous-marins et des sons trouvés sous forme de vibrations physiques, offrant ainsi une expérience haptique du son plutôt que sonore. Elles espèrent ainsi susciter un sentiment d’empathie avec l’invisible et l’inaudible.

 

Amélie Brisson-Darveau et Pavitra Wickramasinghe souhaitent attirer l’attention sur les écologies fragiles et souvent négligées qui nous entourent. Elles voient cette exposition comme une méditation sur le Saint-Laurent, mais aussi comme une invitation à habiter l’ombre autrement, à la reconnaître en tant qu’une absence ou un résidu, et comme un lieu de présence, de transformation et de relations.

Biographie

Amélie Brisson-Darveau et Pavitra Wickramasinghe collaborent depuis 2009. Leur plus récent projet Les contours de l’oubli est présenté à la Fondation PHI pour l’art contemporain durant l’été 2023 dans le cadre de leur résidence Phi Montréal.

 

Amélie
Brisson-Darveau

Tiohtiá:ke/Montréal

Les projets artistiques d’Amélie Brisson-Darveau visent à offrir une expérience alternative aux éléments « non visibles » de l’environnement social par leur mise en volume et l’exploration de leur tangibilité. Elle aborde son travail d’installation en multiples dimensions en menant des expérimentations sur la texture et la structure des textiles qu’elle met en relation avec d’autres matériaux comme la céramique, le bois, la lumière. Son travail a été présenté lors de nombreuses expositions et événements au Canada, États-Unis et en Europe notamment en Suisse, Angleterre, Allemagne, Finlande, Lituanie, Norvège, Turquie et France. Elle est aussi récipiendaire de bourses du Conseil des arts du Canada, du FQRSC et du prix de l’artiste émergente de la Biennale internationale de Kaunas. Amélie vit et travaille à Tiohtiá:ke/Montréal.

Pavitra Wickramasinghe
Tiohtiá:ke/Montréal

Pavitra Wickramasinghe est une artiste multidisciplinaire qui s’intéresse principalement aux nouvelles façons de conceptualiser l’image en mouvement, ainsi qu’aux conventions de la vision. Son travail actuel est une exploration des notions du voyage, de la fluidité du lieu et de la mémoire. Son travail a été exposé dans plusieurs institutions locales, nationales et internationales, telles que Manif d’art 11 – La biennale de Québec, Chroniques – Biennale des imaginaires numériques (France), le Musée des beaux-arts de Montréal, OBORO (Montréal), Kunstkraftwerk (Allemagne), Yeosu International Art Festival (Corée du Sud), Centre des Arts Enghien-les-Bains (France), Cable Factory (Finlande), Centro Cultural del Matadero (Espagne) et Access Gallery (Vancouver). Pavitra est née à Colombo et vit et travaille à Tiohtiá:ke/Montréal.

Démarche artistique

La pratique artistique collaborative en arts visuels d’Amélie Brisson-Darveau et Pavitra Wickramasinghe explore l’interaction entre les ombres, la lumière et différents matériaux pour aborder les thèmes de la perception et des transformations sociales. Fascinées par l’ombre en tant que matière et métaphore, elles expérimentent sa capacité à manifester l’invisible, à évoquer des mémoires et à brouiller les frontières entre la présence et l’absence.

 

Le travail d’Amélie Brisson-Darveau vise à offrir une expérience alternative aux éléments obscurs et « non-visibles » de l’environnement social par leur mise en volume et l’exploration de leur tangibilité. Elle développe son travail en multiples dimensions par des expérimentations sur la texture et la structure des textiles avec l’ombre, la lumière. L’engagement du public est un aspect clé de sa pratique, car il permet de créer des relations significatives entre les multiples couches matérielles et conceptuelles de ses installations.

 

La pratique artistique de Pavitra Wickramasinghe cherche à donner forme à des phénomènes éphémères comme l’ombre et la lumière. En remettant en question les récits issus de leur dualité, elle explore leurs dimensions poétiques et matérielles. Son travail transforme ces qualités transitoires en expériences immersives qui révèlent comment elles façonnent notre perception de l’espace et de la présence.

 

Au cœur de leur démarche, elles souhaitent créer des espaces immersifs favorisant des réflexions et dialogues, invitant les publics à questionner leurs perceptions et à développer une conscience collective des relations entre individus, lieux et histoires.

Remerciements

Merci à nos partenaires majeurs: le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et la Ville de Carleton-sur-Mer.