Albert PICARD | ALCAZAR DE CARTON | Photographie

ALCAZAR DE CARTON | Photographie

Albert PICARD | Provenance : New Richmond, Québec

 

Vernissage le vendredi 22 février, dès 17 h

EXPOSITION | 22 FÉVRIER / 29 MARS 2019 | Carleton-sur-Mer

Lundi au vendredi : 9 h – 16 h | Vendredi soir : 18 h – 20 h
Samedi : 13 h – 16 h | Dimanche : Fermé
GRATUIT – BIENVENUE À TOUS !

ALCAZAR DE CARTON est une exposition photographique de l’artiste gaspésien Albert Picard qui documente les vestiges de la cartonnerie Smurfit Stone de New Richmond dont les opérations ont cessés en 2005.

 

La cartonnerie Smurfit Stone Container (New Richmond) a cessé ses activités en 2005. Pourtant, lors de son ouverture, quarante ans plus tôt, les trompettes de l’inauguration annonçaient pour des générations à venir des ressources infinies et une demande intarissable. Le pouvoir de représentation des photographies qui en sont issues est somme toute assez pauvre. Néanmoins, elles amalgament un ensemble devenu chaotique, infesté par les empreintes de vestiges cisaillés, bosselés, et abandonnés à leur sort. Tel est le résultat de l’histoire officielle qui a trop poli, voire aplani ce paysage, accélérant ainsi sa désintégration matérielle au sol et intemporelle dans les esprits et les mémoires. C’est à l’opposé des expectatives de la génération des gens qui ont accueilli l’usine vers 1965. Avec ce projet photographique, l’artiste nous invite à examiner une dimension obscure de l’action humaine.

Derrière une clôture sertie de broches barbelées, qui confinait la cartonnerie dans son périmètre, se révèle la société moderne sous son règne actuel, en mutation sous la roue dentelée du progrès, en concordance avec les valeurs du XXIe siècle. Nous vivons avec la mondialisation, l’économie virtuelle, le capitalisme des marchandises libre-échangées, les délices de ce que nous propose le capital international et, à la fois, avec le cloisonnement des territoires, ce qui n’est pas peu paradoxal.

 

Les fils de fer chancelants laissent pénétrer les rumeurs du jour. L’Histoire se renouvelle. De la ligne Maginot, à la clôture de sécurité israélienne, et au futur mur des États-Unis, il y a toujours des interstices, comme si c’était un tricot de laine, encore bien au goût du jour, sur notre planète, où fourmillent en colonnes les migrants. Des messages codés apparaissent sur les écriteaux : « PROPRIÉTÉ PRIVÉE », « DANGER », « HAUTE TENSION ». Ces vestiges prennent l’aspect symbolique d’un corps vide que l’avenir arrivera à combler dans un jeu économique de négociations et de barrières tarifaires.

DÉMARCHE ARTISTIQUE

 

Dans ses démarches photographiques, il y a ces paysages en évolution qui glissent sur les fenêtres générées par le viseur de sa caméra. L’artiste distingue avec préférence les milieux agricoles ou champêtres, s’appuyant aux forêts, aux chemins, ou au patrimoine bâti, là où beaucoup d’humains des lignes tracent et des terrains aménagent, à volonté. La région de l’ouest du Lac-Saint-Jean lui procura l’espace de vie ses deux premières décennies de son existence. Son territoire, plissé par les rivières, troué par les lacs, parsemé d’artéfacts et occupé par une infinie variété d’activités agricoles et sylvicoles, embrase sa vision. Le grand vent, joueur et enjôleur, dans les feuilles au sol, comme pour leur insuffler vie, fit de lui un observateur méditatif.

 

La photographie revendique sa présence avec raison, entre autres parce qu’il a en tête des images de souvenirs, un matériau rendu accessible par l’inconscient. En Gaspésie, il peut visiter les paysages qui lui sont familiers, dans et aux abords des villages et des rangs, comme il le faisait à l’âge juvénile. Sa caméra encadre et photographie les petites histoires qui défilent dans son esprit. Avec le recul des années, une prise de conscience s’installe dans une perspective systémique où tout est inter relié : l’humain, les actions, la manière de vivre, le milieu de vie, les paysages et, bien sûr, lui-même.

 

 

BIOGRAPHIE

 

Né en 1955, nourri, dorloté et éduqué par des parents et un village bienveillants, il a passé les deux premières décennies de son existence dans la région du Lac-Saint-Jean. Avant tout, il doit tout à ses parents qui lui ont donné cette chance d’y découvrir le monde, son monde. Alors qu’il poursuivait, vers 1975, ses études de niveau CÉGEP, il s’est initié à la photo argentique avec l’achat de son premier reflex Mamiya MSX 1000. Son père, vers le même âge, avait construit son petit studio de photographie et sa chambre noire. Aussi loin qu’il se souvienne, son père avait toujours sous la main son Polaroid Land Caméra modèle J66. Ses longues études universitaires, jusqu’à l’âge de 30 ans, l’ont éloigné de la photographie. Mais son petit Canon Power Shot rendait des services occasionnels. Depuis 2012 il vit en Gaspésie, retiré de la vie professionnelle de bibliothécaire depuis 2010, et il photographie tout le temps.

 

Liens :

albertpicard.com

facebook.com/albertpicardphotographe