Priscilla GUY et Emilie MORIN | PEAU | Résidence de création

PEAU | Résidence de création

Priscilla GUY | Résidence : Marsoui (Québec)

Emilie MORIN | Résidence : Montréal (Québec)

En collaboration avec Mandoline Hybride

RÉSIDENCE | Du 3 au 16 septembre 2023 | Carleton-sur-Mer

Choré-concert en basse technologie pour corps et écrans en mouvement, PEAU est une partition dansée dans laquelle les mouvements créent des couches de son et les images se déclinent en différentes couches de sens. Les écrans-corps et les corps-sonores proposent des profondeurs de champ inusités, d’un plan à un autre, dans un horizon de réverbérations. Toutes ces « peaux » et ces surfaces s’entrechoquent, créant des pleins et des vides dans l’image en mouvement que devient la scène. C’est une pièce pour cinq performeuses qui sont à la fois sujets, bruiteuses et surfaces de projection. Elles naviguent aisément à travers toutes ces couches, en font un assemblage exubérant et mutant. Elles créent différentes partition chorégraphiques et audiovisuelles dans laquelle elles bricolent des surfaces-écran qu’elles détruisent par la suite, utilisent des sources de projection lumineuse et sonore portatives et basses technologies, pour autodétruire et redessiner inlassablement leurs représentations.

 

Elles sont cinq sur scène, entourées seulement de quelques fils et extensions électriques. Leurs corps, leurs mains : libres de ces machines qui les prennent si souvent en otage, obstruent parfois leur chemin. Leurs yeux : libres de ces écrans qui les ravissent à elles-mêmes et de leurs images qui assaillent leurs cerveaux. Elles habitent l’espace en incarnant une image peut-être floue, hors focus. Elles adhèrent à l’ambiguïté de leurs présences à l’état brut. Lentement, mais pas au ralenti, elles ajoutent des objets à l’image de leurs corps en scène : table, chaise, mini-projecteur vidéo, guirlandes de lumière, lampes de poche, ordinateur portatif, papier, tissus, matières translucides, bâches, console de son, microphones, objets divers. Elles créent un environnement sonore aux couches multiples et changeantes à partir de la mise en mouvement des objets (ventilateurs, pivots, pendules, moteurs). Avec le plus de simplicité possible, elles créent différentes surfaces de projection avec leurs peaux, leurs visages, leurs cheveux, et tous les objets à leur portée. La scène s’illumine et se remplit de couches de mouvements et de sons.

 

DÉMARCHE ARTISTIQUE

 

Avec PEAU, Priscilla Guy poursuit sa réflexion critique sur les images et les écrans en focalisant sur l’autoreprésentation des femmes. Portée par une volonté féministe et expérimentale, l’artiste basée à Marsoui s’allie à Emilie Morin et Elizabeth Millar pour lancer une enquête esthétique sur les corps, les sons et les images. De l’image lumineuse de nos téléphone cellulaire à la surface diaphane des écrans, en passant par nos épidermes sensibles, PEAU propose une réflexion engagée et critique sur la construction du plaisir visuel, et bien sûr, sa destruction. Le travail de mouvement et l’art sonore viennent proposer des images alternatives : images en trois dimensions, images que l’on devine à partir de ce que l’on entend. Si l’autoreprésentation des femmes est un vecteur d’émancipation, l’autodestruction de leur image est peut-être un passage obligé reprendre de contrôle sur les désirs.

 

BIOGRAPHIE

Priscilla GUY et Emilie MORIN | PEAU | Résidence de création

Priscilla Guy est chorégraphe, cinéaste, chercheuse et commissaire en art. Ses projets de création sont portés par Mandoline Hybride, un organisme de recherche, création, production et diffusion en art contemporain basé à Marsoui. Après les pièces Singeries en 2016 (cocréation de Catherine Lavoie-Marcus) et Deux Squelettes en 2019 (cocréation avec Sébastien Provencher) qui ont tourné au Québec, au Canada et en Europe, Priscilla Guy poursuit sa démarche chorégraphique multidisciplinaire et son désir de créer de manière collaborative avec une troisième œuvre scénique hybride. Dans la lignée des deux précédentes pièces, PEAU explore les enjeux qui émergent de l’interaction entre les corps et les écrans, ainsi que notre rapport trouble et très intime avec les nouvelles technologies. La première de l’œuvre est prévue en novembre 2023 à Montréal.

PRIX ET DISTINCTIONS

 

Priscilla GUY

2022 Prix Étincelle (Québec)- Prix de la danse de Montréal

2014 Prix Light Moves (Irlande) – Most innovative use of sound in screendance

2012 Prix Culture de LOJIG (Québec) – Assemblé Nationale du Québec