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Vaste et Vague | André LAPOINTE | PETITE TOPOGRAPHIE GASPÉSIENNE | Installation in situ

André LAPOINTE, Dieppe, NB

PETITE TOPOGRAPHIE GASPÉSIENNE | Installation in situ

Vernissage le vendredi 7 juillet 2017, dès 17 h
Exposition du 7 juillet au 12 août 2017

Vaste et Vague - LA CONCORDANCE DES TEMPS - Été

L’ÉTÉ – ART ÉPHÉMÈRE

Élaine LABRIE, idéatrice de la saison

Anjuna LANGEVIN, chargée de projet

 

La chaleur de l’été, portée par le souffle de l’air salin, ouvre sur l’éphémère. Les artistes sont invités à s’insérer dans le paysage de manière aérienne, flottante. La solidité du calcaire fait place à des formes parfaites, polies, comme par l’usure répétée du vent et de l’eau, qui recomposent le paysage. Le public peut lui aussi s’initier à l’in situ, à ces transformations subtiles et temporaires des espaces qui respectent l’écologie naturelle par des ateliers. Et, tandis que la topographie des lieux amène une réflexion ludique sur notre histoire, la résonance intime de l’héritage acadien et micmac est mise en relief par l’art performance.

C’est à partir de l’énoncé et des points de réflexions de la commissaire, Elaine Labrie, qu’un projet d’installation en galerie à Carleton-sur-Mer s’est amorcé.

 

En tout premier lieu, cette idée – ou plutôt le fait – que l’on ne voit l’air que par métonymie (l’effet pour la chose) (le signe pour la chose signifiée) est retenu.

 

Le passage du temps, le fugace, l’éphémère interpellent l’artiste André Lapointe qui se questionne au sujet de l’échelle.

Dans Petite topographie gaspésienne, l’artiste a choisi d’aborder la persistance des signes et des traces laissées par l’effet de l’air, de l’eau et de la vie sur la matière. Il a aussi choisi la rencontre avec le lieu, le paysage et les gens du lieu. Il travaille avec des matériaux naturels abondants dans la région comme le calcaire et le marbre, matériaux nobles et classiques à forte connotation historique dans le monde de la sculpture. Ces matériaux sont empreints de l’histoire de la région. Pensons au site fossilifère de Miguasha, à la carrière de calcaire de Nouvelle ou celle de marbre Cascapédia située sur la rivière du même nom.

« Je propose une vue de l’extérieur, une description du lieu et de son essence. Je déplace le lieu afin qu’il acquière une valeur de site. Le déplacement des pierres de la carrière à la galerie recrée le site dans un nouveau milieu. » André Lapointe

L’artiste propose une vue de l’extérieur, description du lieu et de son essence. Il déplace le lieu afin qu’il acquière une valeur de site. Le déplacement des pierres de la carrière à la Galerie recrée le site dans un nouveau milieu.

 

Une première installation au Quai des Arts présente un travail en relation avec l’espace de la Galerie. L’artiste recrée le paysage et le suspend visuellement. Il le fait flotter littéralement dans l’espace. Il le transforme par la sculpture (mouvements, rythmes, modulations). Il applique à la matière un processus d’érosion, « un effet de l’air ». Il le taille en s’inspirant du relief gaspésien, des caps et des côtes. Il montre ce qui est là, l’essence du lieu. L’artiste redonne à voir ce que l’on connaît déjà par l’entremise de la sculpture et de l’installation. Il redonne à voir le paysage gaspésien et la matière géologique dont il est composé. Il porte un regard nouveau sur la formation du paysage, il fait voir les éléments qui composent la matière. Il investit l’histoire et y fait l’oeuvre. Il instaure cette histoire en tant que matériaux et oeuvre. Le paysage par l’entremise de l’installation se met lui-même en scène. Il est à la fois la chose et la représentation de la chose.

 

Nos paysages racontent notre histoire.

Comment reconnaît-on la Gaspésie?

Comment reconnaît-on l’Acadie?

Carleton-sur-Mer se reconnaît par ses paysages typiques.

 

Une deuxième installation en céramique, bois et miroirs, se veut une représentation d’une portion du territoire comprenant l’indication de son relief. Un territoire qui, par sa graphie, reprend à la fois les anneaux de croissance de l’arbre et du coquillage. Une métaphore du temps à progrès continu. Une définition d’un lieu imaginaire, un haut relief flottant dans l’espace, qui se réfère aux traces du liquide qui a formé l’arbre et le coquillage. André lapointe présente une métaphore de l’Acadie des terres, des forêts de la mer et de sa diaspora. Un pays qui a marqué le temps, qui fait partie de l’imaginaire collectif, qui n’a plus de frontières et qui habite l’espace de notre intérieur.

 

Ce travail se réfère aussi et se veut un clin d’œil à une œuvre maîtresse de l’histoire de l’art contemporain. « Annual rings » réalisée en 1968 entre Clair, Nouveau-Brunswick et Fort Kent, Maine par l’artiste-pionnier du mouvement Land Art, Dennis Oppenheim. Oppenheim a tracé une succession de cercles concentriques enlacés de part et d’autre d’une frontière séparant deux fuseaux horaires. Une poche de temps et une métaphore du temps à progrès continu. Le dessin régulier qu’il a tracé dans la neige bordant les deux côtés de la rivière Saint-Jean, rappelle les cercles indiquant l’âge des arbres.

 

Il s’agit ici de célébrer deux évènements importants un premier qui ont marqué l’histoire de l’art et un deuxième qui marquera celle des Acadiens de la Gaspésie.

 

BIOGRAPHIE

 

Originaire de Mont-Louis, au Québec, André Lapointe vit à Dieppe au Nouveau-Brunswick et à Saint-Ulric Québec. Il est professeur au département des arts visuels de l’Université de Moncton depuis 1988 et en a assuré la direction départementale de 2006 à 2012. Depuis sa première exposition solo en 1984 en Gaspésie, son travail a été présenté un peu partout au Québec, dans les Maritimes et à l’échelle internationale.

 

En 2005, la Fondation Sheila Hugh Mackay lui décernait le prix Strathbutler.

 

Il a participé à une vingtaine de symposiums et a réalisé des œuvres environnementales, dont récemment, à la place Resurgo du Musée de Moncton, N.B. (2014); Création sur le champ, land art, Mont-Saint-Hilaire, Qué. (2013); au jardin de la Galerie Beaverbrook de Fredericton, N.-B. (2009); le symposium international d’art in situ de la Fondation Derouin, Québec (2007); la forêt sculptée près de l’autoroute 15 entre Moncton et Shédiac, N.-B. (2006); Le symposium d’art actuel Les islomanes, Îles-de-la-Madeleine, Québec (2004); affleurements, sculpture environnementale pour la ville de Dieppe, N.-B. (2004); le symposium de sculpture Expressions|Impressions urbaines Gatineau, Québec (2000); et Ô infinité des possibles, Montréal, Québec (1998) présentée par la Galerie Occurrence. Sa plus récente exposition «MARITIMA» était nomination pour l’obtention d’un prix Éloizes 2016, Artiste de l’année en arts visuels, décerné par l’association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick.

Merci à notre partenaire : 

JAL_nadeau_PMS commanditaire André Lapointe

L’ÉTÉ – ART ÉPHÉMÈRE fait partie de la programmation spéciale  LA CONCORDANCE DES TEMPS qui s’inscrit dans les célébrations du 250e anniversaire de Carleton-sur-Mer par  « la tenue d’activités festives, inclusives, rassembleuses et novatrices qui témoignent de sa culture, de son identité et de son savoir-faire, tout en léguant un héritage significatif aux générations actuelles et futures. Le festif s’exprime dans les couleurs, la lumière, le dynamisme qu’il faut apporter à la programmation. Le festif doit s’exprimer chaque saison […] »[1]

[1] Vision des Célébrations du 250e de Carleton-sur-Mer

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